Parisiens, 2004-2012
« Les Parisiens du 19e dans leurs intérieurs » est le fruit de plusieurs années de recherche qui lui ont permis de construire des relations de confiance avec des habitants aux profils les plus divers. Ce sont ceux qui peuvent chaque jour se croiser dans la rue sans jamais s’adresser la parole, sans rien savoir les uns des autres.
Habitant le même quartier depuis 25 ans, Bertrand Prévost se dit particulièrement préoccupé par la communautarisation progressive du 19e qu’il a vu changer au fil des années. Ses portraits en révèlent les causes (d’ordre social) et les conséquences. Et pourtant, le fait qu’un homme muni de ses appareils photographiques à l’ancienne (argentiques et lourds) puisse parvenir à pousser les portes chez des personnes aussi différentes, est un signe fort envoyé aux citoyens et aux politiques.
Quand le courant passe entre le photographe et son sujet, la personne s’installe naturellement dans son univers quotidien, à l’endroit de son choix, sans rien arranger pour la photo, sans rien « mettre en scène ». Ces portraits n’ont donc rien d’artificiel, personne ne s’y donnant en spectacle. L’être l’emporte sur le paraître. Chaque détail raconte alors quelque chose de la vie d’une personne. Éloge de la lenteur, ce travail de fond résiste au culte du bling bling illusoire. Ces photos ne sont pas m’as-tu-vu, mais viens-me-regarder-dans-les-yeux.
Extrait de Les invisibles à la loupe, portraits d’intérieur, Thomas Hahn, Revue Cassandre, n°23, http://www.horschamp.org


M. et Mme Magot, 2004
Fille Guarrigues, 2010

Mme Dargère et son fils, 2012


Mme Le Bihan, 2005
Mme Le Bihan et son amie, 2005

M. et Mme Ivanovic, 2007


M. Tounkara, 2006
Mme Bastouil, 2006

M. Bertieri et ses enfants, 2012

M. et Mme Ben Amar, 2004